Rencontres de l’Excellence : les élèves de l’Institut Louis Germain brûlent les planches au Théâtre de Longjumeau
La 6ème édition des Rencontres de l’Excellence a eu lieu le jeudi 21 mai au Théâtre de Longjumeau. Une soirée qui a vu les élèves de l’Institut Louis Germain proposer leur regard authentique et sensible sur certains chefs-d’œuvre du musée du Louvre et qui a réuni l’ensemble des parties prenantes du dispositif – élèves, parents, professeurs, chefs d’établissement, mécènes, partenaires, collectivités et élus locaux –autour d’une même conviction : le travail, la rigueur et les efforts pavent le chemin de la réussite et de l’excellence académique.
Un soleil de plomb embrase la petite ville de Longjumeau. À l’abri de cette chaleur d’étuve, les élèves de Marseille et de région parisienne enchaînent les répétitions sur la scène demi-éclairée du grand auditorium. Dans quelques heures, ils se produiront devant plus de cinq-cents personnes : des élèves, des anciens élèves, des parents, des élus, des chefs d’établissement qui auront défié les embouteillages ou traversé la France pour célébrer l’excellence, le mérite et l’intelligence des élèves.
La salle est vide mais M. Puel, le fondateur de l’Institut Louis Germain, et Jean-Manuel Traimond, guide professionnel et spécialiste du musée du Louvre, sont bien présents. Les conseils fusent : « On doit voir le point d’interrogation à la fin de la phrase », suggère M. Puel. « Moins vite », exige M. Traimond. Les progrès des élèves sont palpables. Peu à peu, ils améliorent leur diction et ralentissent la cadence. Ils cessent de buter sur les mots et prennent la mesure de la scène. Ils s’habituent à la lumière. Ils trouvent leur rythme. Un ultime filage leur permet d’affiner les derniers détails et de porter haut et fort le texte qu’ils ont préparé avec leur professeur en Humanités.
Un texte clair, net et profond, applaudit M. Traimond après le dernier filage des Marseillais.
Les répétitions vont bon train lorsque certains des anciens élèves de l’Institut Louis Germain empruntent l’entrée des artistes pour rejoindre et saluer leurs héritiers sur la scène du théâtre. Ils sont venus de Marseille et de Lille. Il y a là Mounir Amiar, le président de l’association des alumni, qui termine une licence en Informatique, Nasro, étudiant en médecine et responsable de la communication de l’association, Rama, élève ingénieur et secrétaire de l’association des anciens, et Meriam, la trésorière, qui a retrouvé Marseille après un échange de six mois en Chine. Ils sont la preuve vivante et concrète des effets de l’action de l’Institut Louis Germain, un horizon et un exemple à suivre pour les élèves du tutorat d’excellence, qui n’hésitent pas à les solliciter pour bénéficier de leurs lumières. « Après notre dernière intervention, en février sur le campus de Juvisy, plusieurs élèves ont continué la conversation avec moi par message », révèle Mériam, qui entamera son master aux Beaux-Arts de Marseille à la rentrée prochaine.

Sur le parvis du Théâtre de Longjumeau, la foule grossit à vue d’œil. On est venu en famille : les parents, les élèves, mais aussi les petits frères et sœurs, ainsi que les neveux, qui seront peut-être appelés à rejoindre les rangs du tutorat d’excellence dans les années à venir. « Cela fait quatre ans que mon fils passe la moitié de ses vacances dans les campus de l’Institut Louis Germain. Je suis très fière de lui, car il ne s’est pas relâché et a beaucoup travaillé. Mais l’Institut Louis Germain ce n’est pas que du travail. Il a aussi vécu de beaux moments de convivialité. C’est un aboutissement d’être là ce soir », dit Solène, dont le fils, Romain, est en Terminale au lycée Apollinaire de Thiais, dans le Val-de-Marne, et intègrera une maths-sup l’année prochaine « Notre fille était au collège Samuel Paty, à Valenton. Elle a été l’une des premières à intégrer l’Institut Louis Germain et ça a été un honneur pour toute la famille »,ajoute Medjo Byabot Corettie, dont les deux enfants, Kenny Honoré et Mallory Honoré, suivent le tutorat d’excellence, avant d’ajouter :
Ce n’est pas commun de voir qu’on prend en compte les enfants qui sont intelligents et qui ont soif d’apprendre. C’est une fierté et une concrétisation d’être là. Nous aussi, on a arrêté de partir en vacances, mais c’est un investissement pour le futur de nos enfants.
Avec son mari, Honoré Philippe, ils lisent ou relisent les classiques de la littérature universelle que leurs enfants rapportent à la maison dans le cadre du programme « La bibliothèque des élèves ». « Je suis ravie d’être là avec d’autres parents. Je vois le monde qu’il y a et je me dis ‘quelle chance !’ Je suis fier de mon fils. Il est sérieux. Ce n’est pas facile de venir à l’Institut Louis Germain pendant que ses camarades se retrouvent dans le quartier pour jouer à la Play… Mais il y va de bon cœur. Il est content. Il a des enseignants très bienveillants et à l’écoute. Je trouve qu’il a beaucoup progressé. Le fait d’avoir un livre à lire à chaque période de vacances scolaires, c’est un plus inestimable. L’Institut Louis Germain doit être le choix de l’enfant, mais c’est important que les parents soient là pour les accompagner et parfois leur rappeler tous les bénéfices qu’ils vont pouvoir tirer de cette aventure », complète Ilham Boudar dont le fils, en 3ème aujourd’hui, suit le tutorat d’excellence depuis son entrée au collège, soit maintenant quatre ans.

Mme Issati, déléguée de la préfète à la Préfecture de l’Essonne est venue en voisine. Elle a accompagné l’arrivée de l’Institut Louis Germain dans le département en octobre 2022. « C’est très positif d’ouvrir un chemin et de renforcer les compétences des bons élèves scolarisés dans des établissements des quartiers prioritaires de la ville. Avec les campus, ils se retrouvent entre bons élèves, dans une ambiance de travail plus agréable, qui leur permet d’assouvir leur curiosité et leur soif de savoirs », se félicite-t-elle en attendant l’ouverture des portes. « C’est une opportunité en or pour les élèves de notre établissement », renchérit Mme Koudri, principale du collège Michel-Richard Delalande à Athis-Mons. Qu’en pensent les élèves ? Par exemple, Angela Luciani, élève de 6ème au collège Janusz Korczak, qui vient de boucler sa première année de campus et rêve de devenir médecin généraliste :
Ça se passe très bien. Je travaille et j’apprends mieux. Mes notes en français et en maths ont augmenté pour friser le 20/20.
Morgan Adou, professeur en Humanités à Marseille, est un habitué des Rencontres de l’Excellence : « C’est la quatrième édition à laquelle j’assiste. À chaque fois, je trouve ça formidable de voir les élèves proposer quelque chose de nouveau, montrer leurs talents à leurs parents et à leurs camarades. Ça rend l’action de l’Institut Louis Germain encore plus concrète. »

Les portes du théâtre s’ouvrent enfin. Les anciens élèves du tutorat d’excellence accueillent les invités et les dirigent vers le grand auditorium. Une fois que tout le monde est assis, les lumières s’éteignent. Une vidéo est projetée sur la scène. Les élèves de Marseille y témoignent de ce que l’Institut Louis Germain représente pour eux. Des mots forts, émouvants et pourtant si concrets. Puis Philippe Guguen, compagnon de route de l’Institut Louis Germain, enfile son costume de M. Loyal pour ouvrir le bal et appeler Julien Puel à le rejoindre.
« L’Institut Louis Germain c’est vous : les élèves, les parents, les professeurs, les chefs d’établissement, les institutions publiques et les mécènes qui rendent notre action possible », énumère M. Puel en remerciant toute l’assemblée de s’être déplacée pour célébrer l’intelligence des élèves à Longjumeau. Ici, ce soir, il n’est pas question d’IA. L’intelligence n’est ni artificielle, ni atrophiée, ni même apprivoisée, anesthésiée ou aliénée.
Dans ce théâtre je ne vois que des IE, des intelligences émancipées, éclairées, effrontées et émouvantes.
Aurélie Monfils, administratrice de l’Institut Louis Germain, lui emboîte le pas. Dans un discours aux accents personnels, elle compare le monde des hautes études avec le sport de haut niveau :
Ils demandent de se préparer dès le plus jeune âge à un niveau d’exigence élevé. Ils demandent d’avoir une éthique de travail, de la méthode, de la discipline, du courage, de la persévérance. (…) Ce qui fera la différence, c’est une forte capacité de travail, de la détermination, une solide confiance en soi. Bref, un mental d’acier, un mental de sportif. C’est ce que l’Institut Louis Germain apporte au-delà des apports académiques. Il permet à ses élèves de se sentir légitimes, préparés.
Jérôme Bérenger, vice-président du Département de l’Essonne, Rachel Meynent, directrice académique adjointe au Département de l’Essonne et Julie Bouaziz, préfète à l’égalité des chances de l’Essonne prennent également la parole pour réaffirmer leur soutien à l’action de l’Institut Louis Germain. Grâce à l’appui indéfectible du département depuis quatre ans, l'Institut Louis Germain accompagne aujourd'hui un peu plus de 400 collégiens et lycéens essonniens. « Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. À te regarder, ils s’habitueront », conclut Julie Bouaziz en citant une citation de René Char qui l’a accompagnée pendant son parcours d’étudiante.
Avant de céder la place aux élèves, Jean-Manuel Traimond reprend la parole pour interroger la popularité de La Joconde. Puis c’est le moment tant attendu. Les élèves du campus de Savigny-sur-Orge et leur professeur en Humanités s’emparent des planches. Après avoir reçu une acclamation digne du festival de Cannes, ils s’emploient à décortiquer les formes généreuses de La Vénus de Milo.

M. Traimond reprend la main pour proposer une lecture politique du Sacre de Napoléon, une toile peinte par Jacques-Louis David entre 1805 et 1807 dont le titre complet a valeur de programme : Sacre de l'empereur Napoléon Ier et couronnement de l'impératrice Joséphine dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 2 décembre 1804. Les élèves du campus du Val-de-Marne s’attaquent ensuite aux trois panneaux de La Bataille de San Romano du peintre Paolo Uccello, où celui-ci donne libre cours à son obsession de la perspective.


Voilà enfin la troupe des Marseillais qui monte sur scène pour proposer son regard sur l’Astronome de Vermeer. Ils ont beau s’être levés aux aurores pour traverser la France, ils débordent d’énergie. Ils sont trop nombreux pour que tous puissent prendre la parole, mais ceux qui ne parlent pas sont là pour soutenir leurs camarades. Caroline, élève en Terminale et à l’Institut Louis Germain depuis quatre ans, conclut l’exposé en faisant un parallèle entre le personnage peint par Vermeer et le groupe de lycéens vivant à Marseille qui partagent plus d’un point commun :
Une même volonté, celle d’observer, questionner et comprendre. En effet, la soif de connaissance est universelle. Elle traverse les lieux, les siècles et les cultures. Pour finir, en cherchant à percer les mystères de notre monde, nous ne découvrons pas seulement l’univers qui nous entoure, mais également nous-mêmes, au sein de cet univers.
Les jeunes et brillants protagonistes de cette soirée se retrouvent une dernière fois sur scène pour recevoir l’ovation d’un public conquis par la qualité des interventions et l’aisance des élèves. « Je suis épaté ! » tonne Jean-Manuel Traimond.

La soirée n’est pas finie. Stanislas Brunet, directeur de Magic Makers, un partenaire de l’Institut Louis Germain qui organise des ateliers pour sensibiliser les élèves aux charmes du codage, récompense les vainqueurs d’un tournoi de cybersécurité. « Cette année, on a organisé cinq séances en visio le samedi matin pour apprendre aux jeunes à coder. Ils ont été nombreux à répondre présent et à se donner à fond. Cela pourra peut-être donner des idées à certains pour leur future orientation », confiait-il un peu plus tôt dans la soirée. Mounir Amiar, lui, a bien réfléchi à son orientation. Le président de l’association des anciens vient de terminer une licence en informatique à l’Université d’Aix-Marseille et recherche une alternance pour son Master Réseaux & Cybersécurité. Il monte sur scène pour présenter les alumni et accueillir les nouveaux membres de l’association : les élèves de Terminale qui vont quitter l’Institut Louis Germain à la fin de l’année scolaire.

La soirée toucherait-elle à sa fin ? Non, M. Puel a une autre idée en tête. Après avoir magnifié la jeunesse, il explique vouloir célébrer la sagesse, la fidélité et la générosité en nommant Alain Billiard, qui était présent au premier campus de l’Institut Louis Germain, à Avignon, il y a onze ans, doyen de l’association.

De nombreux invités s’arrêtent à la buvette avant de gagner la sortie. « Je suis très content d’être là. Ce soir, je revis ces onze années. Et puis j’ai eu le plaisir de voir plusieurs de mes élèves de Terminale sur scène », apprécie le doyen fraîchement nommé, un verre d’eau pétillante à la main. Thomas Bellon, le professeur en Humanités qui a accompagné le groupe des Marseillais, partage l’enthousiasme de son auguste prédécesseur :
L’Institut Louis Germain apporte aux élèves beaucoup de confiance ; confiance dans leur capacité d’expression, dans la valeur des idées qu’ils peuvent avoir. Confiance aussi dans les adultes, qui sont là pour eux et leur consacrent du temps.

Des petits groupes se forment. On félicite les élèves. On se congratule. On prend des nouvelles. On évoque les vacances ou les projets d’orientation. On se donne rendez-vous au campus de la rentrée. L’un propose une place dans une voiture pour rentrer à Paris. L’autre un deuxième verre pour prolonger ce moment hors du temps. Aurélie Monfils, Julie Bonneville, la coordinatrice de l’Institut Louis Germain, et Sophie Emery-Chevalier, qui enseigne les Humanités sur le site de l’Essonne, reviennent sur les moments forts de la soirée en vantant la performance des élèves, sur scène bien sûr et tout au long de l’année. « Ils ont une vraie capacité à se mobiliser », dit Julie Bonneville. « Ils ont un objectif. C’est déterminant sur la durée », confirme Aurélie Monfils. « Ils se lèvent tôt, parfois en plein hiver. Ils sont très courageux », conclut l’enseignante. C’est qu’ils savent désormais que rien n’est jamais acquis sans travail.
Non sine labore